Chorégraphie

Josef Nadj

 

Musique

Akosh Szelevényi et Gildas Etevenard

 

Création lumières 

Rémi Nicolas

 

Mise en son 

Jean-Philippe Dupont

 

Décors et objets scéniques

Julien Fleureau , Olivier Berthel et Clément Dirat

 

Conception vidéo 

Thierry Thibaudeau

 

Avec

Josef Nadj, Akosh Szelevényi et Gildas Etevenard

 

Durée

1 heure

 

Création de la 1ère version – Last landscape

le 11 juillet 2005 au Festival d’Avignon,.

Une première étape de Last Landscape a été présentée le 13 avril 2004 à Nevers, à la suite d’une commande de « D’jazz à Nevers ».

 

Création de la 2e version – Paysage après l’orage

le 12 décembre 2006 au Théâtre Garonne à Toulouse.

 

Coproduction

Centre Chorégraphique National d’Orléans – Festival d’Avignon – Emilia Romagna teatro Fondazione (Modena)

 

Avec le soutien de la Région Centre

Cet autoportrait singulier et sincère mêle une danse tellurique et profonde à une musique intense. Alternant séquences lentes et rapides, figures hallucinées et méditatives, ce solo témoigne de la créativité de Joseph Nadj qui conserve intacte une force primitive, mise en valeur par une musique hypnotique et incantatoire jouée en direct. La mise en espace exploite de nombreux supports sonores et visuels, comme ce tableau noir qui fait l’objet de coups de craie rageur de la part des deux musiciens ou cette construction métallique en forme de maisonnette sur laquelle ils frappent.

Paysage après l'orage vu par Myriam Blœdé

Josef Nadj définit le projet de Paysage après l’orage comme un « autoportrait face au paysage ». Mais le paysage dont il est ici question n’est ni une abstraction ni une généralité. Il s’agit d’un paysage existant, à quelques kilomètres de Kanjiza, sa ville natale – une petite ville de Vojvodine (Yougoslavie), située à quelques kilomètres des frontières avec la Hongrie au Nord et la Roumanie à l’Est. D’un paysage qui exerce un attrait sur lui depuis l’enfance.

 

Le paysage

Désigné comme « le désert », ce paysage aux caractéristiques tout à fait particulières est un coin perdu de Pannonie – cette vaste plaine qui était autrefois une mer dont le lac Balaton serait « l’empreinte » liquide.

Presqu’aucun arbre à l’horizon, mais une étendue d’herbes folles qui enserrent une dépression argileuse, absolument aride, d’où cependant, de temps à autre, jaillit une source actuellement en sommeil. Cette source aurait, dit-on, des vertus miraculeuses et il existe à son sujet toute sorte de légendes.

À proximité immédiate, se trouve un petit édifice à partir duquel, par un système de canalisations, l’eau de la source était autrefois acheminée vers Kanjiza. Mais il existe aussi des tumulus, également ensevelis sous les herbes, dont l’existence accrédite l’idée selon laquelle ce « désert » et sa source magique auraient été, il y a des milliers d’années, un lieu de culte pour des tribus nomades.

Le climat de la région est continental, chaleur ou froid intenses et pluies diluviennes. Aussi, le paysage varie en fonction des saisons et des conditions climatiques : tantôt les eaux de pluie sont retenues au fond de la dépression, formant un étang peu profond, totalement opaque, gris-vert et argileux ; tantôt, sous l’effet de la chaleur ou du gel, l’argile se dessèche et des craquelures apparaissent à la surface.

Autoportrait

Au cours des dernières années, les créations scéniques de Josef Nadj se sont réparties selon deux axes distincts : d’une part, des pièces de groupe inspirées par la vie et l’œuvre d’un artiste (d’un écrivain, à une exception près) et, de l’autre, des petites formes (duos ou solos) qui renouent avec ses toutes premières chorégraphies et dans lesquelles la part de l’autobiographie, du vécu et de l’expérience, est plus sensible, plus manifeste.

C’est à la deuxième catégorie que ressort Paysage après l’orage. Un autoportrait donc, mais volontairement partiel, à la manière de ces tableaux ou de ces (auto-)fictions littéraires qui mettent en scène le peintre dans son atelier ou l’écrivain devant sa page blanche… Il s’agit en somme d’un autoportrait de l’artiste au travail, dans lequel « l’œuvre en cours » est de surcroît envisagée comme un retour aux sources de son art.

Ainsi, Josef Nadj conçoit Paysage après l’orage comme une sorte de pause, réflexive et féconde, sur l’origine du mouvement et, plus précisément, sur l’origine de son mouvement. Car, pour lui, la question des origines (de la notion d’origine au sens large ou de ses propres origines) est une préoccupation centrale.

Processus

Le point de départ de Paysage après l’orage, c’est l’idée du paysage, de ce paysage précis, comme « scène primitive », c’est-à-dire comme lieu où s’enracine le mouvement. Cet endroit désertique, comme métaphore du dépouillement le plus extrême, peut être le lieu d’une recherche qui se situe en deçà de tout artifice, de tout concept, de toute élaboration intellectuelle. Dans un rapport direct, concret, de l’homme au monde – en l’occurrence de Josef Nadj au paysage de son enfance, ce paysage premier et « ultime » qui représente pour lui la synthèse, idéale pour toute création, entre « la matière et l’idée ».

 

Cette recherche procède d’abord de la sensation, l’appréhension sensible de ce fragment de nature – il s’agit de « s’immerger » dans le paysage, de se laisser absorber par lui pour tenter de le comprendre, d’en comprendre l’histoire et ses répercussions, le présent et ses plus infimes variations. Puis de la traduction immédiate de cette sensation dans un mouvement qui serait l’écho, le prolongement et comme l’émanation du paysage lui-même.

En un second temps, elle consiste à mémoriser ce « mouvement originel », à l’intérioriser de manière à l’emporter avec soi pour pouvoir le réaliser, le réactualiser hors du paysage – en studio, sur scène. Ou, symétriquement, pour pouvoir recréer ailleurs, en studio, sur scène, la sensation de cet espace.

 

Paysage après l’orage

Paysage après l’orage est en quelque sorte « l’esprit du lieu ». C’est l’écho et la réverbération, par le dessin, le mouvement et le son, d’une expérience qui relève d’une nécessité intérieure – l’expérience intime d’un retour aux sources.

Mais c’est aussi un paysage : évocation d’un décor naturel dans tous ses états et restitution d’un parcours créatif, condensation et projection dans le présent de la représentation d’un espace réel et d’un espace mental, c’est un paysage multiple, visuel et sonore, qui se compose et se décompose sur la scène tout en y inscrivant ses traces.

Enfin, réflexion menée par un chorégraphe sur le mouvement et son origine, Paysage après l’orage comporte également des références au cycle – de la nature, des saisons, de la création –, c’est-à-dire au mouvement perpétuel et aux notions d’effacement et de renouvellement.

 

Paysage après l’orage, suite…

Le projet Paysage après l’orage englobe à la fois l’œuvre scénique dont il est ici question (création festival d’Avignon 2005), et un film, Dernier paysage (52’ / 2006) réalisé par Josef Nadj, qui met en parallèle la pièce et ce qui la fonde, c’est-à-dire sa genèse, ses sources et son processus de création.

 

Myriam Blœdé

Dates passées :

 

30 janvier 2009

Scène Nationale d’Orléans

Orléans (FR)

 

15-17 avril 2009

Pôle Sud

Strasbourg (FR)

 

29-31 janvier 2008

MC2

Grenoble (FR)

 

18 mars 2008

Le Temps du Jazz

Amiens (FR)

 

29 mars 2008

Théâtre de Dracénie

Draguignan (FR)

 

5-6 septembre 2008

La Cité de la Musique

Paris (FR)

 

24 octobre 2008

L’Allan, Scène Nationale de Montbelliard

Montbelliard (FR)

 

23-24 février 2007

Festival Equilibrio, Auditorium Parco della Musica

Rome (IT)

 

23-24 février 2007

La Comète, Scène Nationale

Châlons-en-Champagne (FR)

 

5 avril 2007

La Comète, Scène Nationale

Châlons-en-Champagne (FR)

 

24 avril 2007

Culturcentrum Brugge

Bruges (BE)

 

9 mai 2007

Théâtre de Chartres

Chartres (FR)

 

6-7 octobre 2007

Teatro SESCS Vila Marina

Sao Paulo (BR)

 

11-13 octobre 2007

Riocenacontemporanea Fetsival

Rio (BR)

 

9 novembre 2007

Barka-Szinhaz

Budapest (HUN)

 

13-14 novembre 2007

Forum Meyrin

Génève (CH)

 

12-16 décembre 2006

Théâtre de Garonne

Toulouse (FR)