Mise en scène

Josef Nadj

 

Composition musicale

Akosh Szelevényi

 

Interprétation

Josef Nadj, Ivan Fatjo, Eric Fessenmeyer

 

Musiciens

Akosh Szelevényi, Gildas Etevenard

 

Régisseur général

Steven Le Corre

 

Costumes

Aleksandra Pešić

 

Lumières

Christian Scheltens assisté de Matthieu Landré

 

Son

Jean-Philippe Dupont

 

Plateau

Alexandre de Monte

 

Décors

Clément Dirat, Julien Fleureau, Olivier Berthel assistés de Nicolas Sochas

 

Remerciements à Charles Fréger

 

Durée

70 minutes

 

Coproduction

Commande de la Biennale de danse du Val-de-Marne à l’occasion de l’ouverture de la Briqueterie / CD du Val-de-Marne, dans le cadre de la 17ème Biennale de danse, Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne et Ville de Fontenay-sous-Bois, Festival international Tchekhov – Moscou, Théâtre Anne de Bretagne, scène conventionnée de Vannes, Centre chorégraphique national d′Orléans.

Avec le soutien d′Amadeus et de la Résidence Sainte Cécile (Orléans)

 

Création
2013

Ce spectacle a été créé dans le cadre d’une commande de la Biennale de danse du Val-de-Marne à l’occasion de l’ouverture de la Briqueterie/CDC du Val-de-Marne.

OZOON est une pièce inspirée d’une rencontre avec Charles Fréger, auteur du livre Les Wilder Mann ou la Figure du sauvage, ed. Thames&Hudson.

 

« La pensée des hommes, à quelque époque qu’ils appartiennent, à quelque culte qu’ils sacrifient, et quand bien même ils cherchent à s’en défendre, est pleine de bêtes, depuis la nuit des temps nous sommes visités, envahis, traversés par les animaux ou par leurs fantômes. Ce que Deleuze et Guattari ont formalisé sous l’appellation du « devenir-animal », ce n’est pas une cartographie de transferts exceptionnels, ce ne sont pas des « cas », c’est une exposition généralisée de l’humanité à son fonds originaire, c’est un peuplement de l’esprit par ce qui l’entoure et que peut-être il ne voit plus, ne veut plus voir. »

 

Jean-Christophe Bailly , Le versant animal, ed. Bayard

Josef Nadj - Ozoon - Biennale de danse du Val-de-Marne 2013

Josef Nadj est un shaman, un fiancé des animaux, à la ville comme à la scène. C’est pourquoi il aime se ressourcer à la campagne, épousant la nature et ses énigmes. Dans sa nouvelle création, il s’inspire de traditions européennes aussi carnavalesques qu’archaïques et animalières, généralement oubliées et pourtant bien vivantes.

 

Trois hommes en scène, représentant ces communautés peu médiatisées, ces drôles de contemporains qui se glissent, une fois par an, sous des peaux d’ours, de cerf, de sanglier ou autres, s’ils ne se dissimulent pas sous des robes de paille, voire d’ossements. Sans parler des masques. Ces traditions ont la peau plus dure qu’on ne le pense, du carnaval alémanique en Suisse à la Sardaigne, du Portugal à l’Autriche, de la Grèce à la Finlande…

 

Flirter avec les limites de la conscience humaine, chercher le souffle animal, voilà qui ressemble fort à Nadj, dernière énigme de la danse. Ne l’a-t-on pas connu grâce à Sept peaux de rhinocéros, Le Cri du caméléon  et autres Canard Pékinois ? Ici, il choisit le titre le plus énigmatique de sa carrière : Ozoon. Pour évoquer la couche d’ozone, un zoo ou quoi en fait? Comme nul autre, Nadj le silencieux confirme que les eaux calmes sont profondes et insondables.

 

Depuis ses débuts, Nadj crée chaque fois à partir de l’univers d’un auteur, de Kafka à Bruno Schulz, Büchner et tant d’autres. Mais depuis peu, il s’inspire d’images, ce qui est en quelque sorte un retour aux sources puisqu’il a commencé sa carrière dans les arts par des études de graphisme. Après « Atem - Le Souffle », inspiré d’une célèbre gravure de Dürer, le voici qui va à la rencontre de Charles Fréger, photographe de renom qui vient de publier « Wilder Mann ou la figure du sauvage », un recueil de photos présentant justement ces hommes qui s’adonnent, printemps après printemps, à des rituels ancestraux.

 

Pour les sortir de leur anonymat collectif, Nadj leur consacre cette création chorégraphique. Mais il a aussi rencontré le photographe qui présente les plus modernes des hommes des cavernes en pleine nature et de belle allure, comme s’ils étaient des models de Chanel.

 

(…)

 

Thomas Hahn

Entretien avec Josef Nadj - Dire notre animalité

Josef Nadj ouvre la Biennale du Val-de-Marne avec Ozoon, création qui fouille le geste au plus intime pour desceller l’animalité enfouie au cœur de chacun.

 

« Faire jaillir une essence presque archaïque du geste. »

 

Dans Wilder Mann, le photographe Charles Fréger témoigne d’un rituel pratiqué en hiver en Europe. Comment ces images vous ont-elles inspiré pour créer Ozoon ?

 

Josef Nadj : Elles ont ouvert un chemin de recherche sur la figure du sauvage, que nous avons ensuite poursuivi en une exploration de notre physicalité même et de la transformation. Comme toujours chez moi, des lectures, notamment Le Versant animal de Jean-Christophe Bailly ou Le Devenir animal de Deleuze, ont nourri la réflexion. Les traditions que dévoilent Charles Fréger nous sont devenues presque inconnues et renvoient à une condition dont l’urbanité nous a éloignés. Comment retrouver dans notre mémoire enfouie les traces de ces expériences qui nous semblent désormais très lointaines car primitives ? Nous avons cherché en nous, intimement, cette origine, fouillé nos actes et développé une sorte de rituel pour redécouvrir notre rapport à la danse et faire jaillir une essence presque archaïque du geste.

 

L’animalité rôde dans vos dernières créations… Dans Les Corbeaux, votre corps enduit de peinture noire devient pinceau et laisse des traces sur le papier.

 

J. N. : Ozoon prolonge la recherche ouverte avec Les Corbeaux tout en traversant de nouveaux questionnements et partages puisque nous sommes plusieurs sur scène. Nous essayons de cueillir la force collective de cinq hommes dans une petite arène. La performance Les Corbeaux relève d’un geste pictural, tandis qu’Ozoon repose sur une dramaturgie musicale et établit une connivence entre les gestes des danseurs et des musiciens.

 

Ozoon se déroule sur une scène circulaire. Qu’apporte cet espace scénique ?

 

J.N. : Cette proximité me permet de travailler non sur le spectaculaire mais sur le détail, sur la profondeur du geste et de l’image. Un tel espace permet au public de ressentir autrement ce qui se joue.

 

Entretien réalisé par Gwénola David - Journal La Terrasse N° 207 1er mars 2013

Dates passées :

 

26-27 juin 2014

Grande Halle de la Villette

Paris (FR)

 

3-5 juin 2014

Scène nationale d’Orléans

Orléans (FR)

 

9-10 avril 2014

Théâtre Anne de Bretagne

Vannes (FR)

 

13-14 avril 2013

La Briquetterie, 17e Biennale de danse du Val-de-Marne

Vitry-sur-Seine (FR)

 

21-22 mars 2013

Théâtre Jacques Brel, 17e Biennale de danse du Val-de-Marne

Fontenay-sous-Bois (FR)