Chorégraphie et interprétation

Josef Nadj

 

Composition musicale

Akosh Szelevényi

 

Création lumières

Rémi Nicolas

assisté de Lionel Colet

 

Mise en son

Jean-Philippe Dupont

 

Construction décors et objets scéniques

Olivier Berthel, Clément Dirat, Julien Fleureau, Julien Brochard

 

Décoratrice, création accessoires

Jacqueline Bosson

 

Costumes

Françoise Yapo, assistée de Karin Wehner

 

Danseurs

Ivan Fatjo, Peter Gemza, Cécile Loyer, Josef Nadj

 

Musiciens

Robert Benko, Eric Brochard, Gildas Etevenard, Akosh Szelevényi

 

Durée

64 minutes

 

La première d’Entracte a été présentée au Carré Saint-Vincent – Scène Nationale d’Orléans

 

Production

Centre chorégraphique national d’Orléans

 

Coproduction

Le Théâtre de la Ville – Paris, la Filature – Scène nationale de Mulhouse, l’Opéra de Lille

 

Avec le soutien du Carré Saint-Vincent – Scène nationale d’Orléans

Indépendamment de ses partenaires et collaborateurs, l’« interlocuteur » que Josef Nadj a choisi et le territoire sur lequel il a décidé de s’aventurer pour sa prochaine création, ne sont pas un écrivain (ou un artiste) et son univers, mais l’une des œuvres fondatrices de la civilisation et de la sagesse chinoises, qui est à la fois mode de pensée, vision du monde et de la vie, et tentative de saisie, d’appréhension et de compréhension de la totalité : il s’agit du Yi King ou Livre des transformations – ouvrage composite et collectif, qui s’est élaboré au cours des siècles.

Le socle, le « texte » premier du Yi King consiste en soixante-quatre hexagrammes (ou figures, composées chacune de six traits positifs ou négatifs) attribués au légendaire Fo Hi, qui proposent, à partir d’éléments concrets, une représentation globale et hyperstructurée de l’univers dans son infinie diversité. Cette représentation est gouvernée par le principe selon lequel tout change constamment – selon lequel, autrement dit, chaque figure est susceptible en permanence de muter, se transformer ou se convertir en une autre figure. L’image à laquelle Nadj fait appel en l’occurrence est celle de l’eau qui n’a pas de forme propre, mais épouse celle de ce qui la contient.

 

Josef Nadj s’appuiera sur le Yi King à un double niveau : structurel et poétique. En effet, il conçoit cette nouvelle pièce comme une trame (signification du mot King) dont chaque nœud correspondrait à l’un des soixante-quatre hexagrammes. À cela s’ajoute l’idée que chacun d’entre nous, et plus largement chaque être, animé ou inanimé, est également un nœud dans une trame. Somme d’expériences et de transformations successives, soumis à un réseau d’influences complexes qui agissent sur lui et le modifient parfois en profondeur, il est à son tour et simultanément capable d’exercer son influence, d’agir sur lui-même comme d’interagir sur le monde et les êtres qui l’entourent.

Par ailleurs, Nadj s’inspirera du texte des commentaires relatifs à chaque hexagramme pour imaginer, « pour déduire par pure intuition », soixante-quatre micro-événements de durée et de nature extrêmement variables : leur composition respective pourra aussi bien être ramenée à un unique son, une image, qu’être développée en une séquence complexe. L’enchaînement de ces événements constituera la dramaturgie du spectacle. Envisagée comme le tissage d’un filet, elle se dégagera au fil des répétitions.

Cette pièce réunira un double quatuor, c’est-à-dire quatre danseurs pour quatre musiciens. Composée en parallèle à la partition chorégraphique, la musique d’Akosh Szelevényi en sera, littéralement, le cœur puisque les instrumentistes seront placés cette fois au centre du dispositif et affirmeront ainsi leur présence sur scène.

 

Myriam Blœdé

Josef Nadj et la musique, Rencontre avec Akosh Szelevényi

Peut-être faut-il d’abord rappeler l’importance de la musique pour Josef Nadj : le rôle qu’elle a joué dans sa formation ; la place, déterminante, qu’il lui a toujours ménagée dans son œuvre scénique ; ses collaborations, pour certaines au long cours, avec des musiciens auxquels il « commande » pour ses pièces des compositions originales, parfois interprétées sur scène (c’est le cas de La Mort de l’Empereur, Les Philosophes, Asobu ou Paysage après l’orage)… Quant à la couleur de ses choix musicaux, y entrent pour une part les musiques traditionnelles, dans toute leur diversité, mais surtout le jazz et les musiques improvisées.

Sa rencontre avec Akosh Szelevényi, musicien originaire de la même région que lui, relève donc d’une sorte d’évidence. Et elle donnera lieu, après plusieurs années d’échanges et d’observation, d’approche réciproques, à une première collaboration en 2003, lorsque Le Volcan, Scène Nationale du Havre, donne carte blanche à Josef Nadj pour l’organisation d’une « Nuit hongroise » : il invite alors Akosh Szelevényi à y participer, c’est-à-dire à intervenir dans la première partie, exclusivement musicale, mais aussi à composer la musique de la performance chorégraphique et musicale qui constitue la seconde partie de cette soirée – une performance préparée en sept jours, qui pose les jalons d’Eden, pièce créée l’année suivante.

En 2006, Josef Nadj est l’artiste associé du festival d’Avignon : il inscrit notamment dans la programmation du Festival un certain nombre de concerts – Phil Minton et Sophie Agnel ; György Szabados ; Archie Shepp, Tom McLung et le Mihály Dresch Quartet ; ainsi qu’Akosh Szelevényi en duo avec Gildas Etevenard, puis en trio avec Joëlle Léandre et Szilárd Mezei. Par ailleurs, Nadj fait appel à Akosh Szelevényi et Szilárd Mezei pour composer et interpréter, en compagnie du batteur Gildas Etevenard et du contrebassiste Ervin Malina, la musique d’Asobu, sa propre création pour la Cour d’Honneur du Palais des Papes.

Enfin, en décembre de la même année, c’est à nouveau avec Akosh Szelevényi et Gildas Etevenard que Josef Nadj monte Paysage après l’orage, nouvelle version de Last Landscape (2005) pour un danseur et deux musiciens.

Pour Akosh – qui, lors de collaborations antérieures avec le metteur en scène François Cervantes, avait déjà pu appréhender les effets de la confrontation directe entre la musique et la présence d’un corps sur le plateau –, toutes ces expériences ont été comme des étapes préparatoires à la concrétisation d’un projet déjà ancien pour Nadj. Un projet qui lui permette d’aller au plus près de la musique et de mettre en jeu sa conception musicale du mouvement

Le projet d’Entracte

Dans ce projet, il y a d’abord la volonté commune de « changer d’axe », de sortir des modes de relations  conventionnels entre danse et musique, pour tenter d’atteindre un plus grand degré d’osmose, une réelle imbrication. « Je ne veux pas, dit Nadj, que la musique “s’aligne”, mais qu’elle participe d’emblée à la matière de l’événement. » Cette position de principe a des incidences immédiates sur le processus même de création de la pièce : il ne s’agira plus, comme c’est habituellement le cas, de travailler séparément ou en parallèle, mais de réunir de bout en bout dans un même espace de travail et de création la musique et la danse, les musiciens et les danseurs. D’élaborer la chorégraphie dans et avec la présence physique constante des musiciens et de leurs instruments. Et réciproquement, d’inscrire dans la recherche même du tissu sonore, musical, la présence active des corps des danseurs.

Pour donner toutes ses chances à ce travail commun de recherche et de confrontation, de frottement et d’exploration, d’actions et de réactions, Josef Nadj a prévu de le laisser se développer sur plusieurs mois, afin de le dégager autant que possible des contraintes de production, et notamment du caractère d’urgence qui a marqué ses expériences précédentes avec Akosh Szelevényi.

Cependant, pour tous deux, la qualité propre à l’improvisation, avec ce qu’elle suppose de liberté, d’invention, de découverte, mais aussi d’écoute et d’ouverture à l’autre, est essentielle. (Nadj souligne à ce propos la dimension clairement dramatique de l’improvisation musicale.)

Cela signifie qu’indépendamment de la durée du processus de création, qu’au-delà de la part prise par l’improvisation pendant, c’est-à-dire dans la conception de la pièce et de l’ensemble de ses composantes – chorégraphiques, musicales, dramatiques, plastiques –, celle-ci interviendra encore à l’issue de ce processus, dans la pièce aboutie.

Cet attachement à l’improvisation, Akosh Szelevényi le met aussi en relation avec un aspect de sa pratique qui consiste, en particulier dans ses duos avec Gildas Etevenard, à se déplacer, à expérimenter constamment, y compris avec des instruments nouveaux, comme le gamelan ou l’harmonium pour lui, la trompette ou le gardon pour Gildas Etevenard. Ce qu’il traduit encore par la volonté de mettre en avant une part de « non maîtrise » – une conception de l’art qu’il partage avec Josef Nadj.

 

La musique d’Entracte

Avec Entracte, il ne s’agira pas pour Akosh Szelevényi de définir un style, une forme, ni de composer a priori des mélodies, mais avant tout de travailler et de composer en concordance avec la proposition scénique de Nadj, c’est-à-dire de revenir à la dimension concrète, physique, du son.

Autrement dit, de rechercher (ou retrouver) des liens organiques entre la musique et les éléments ou phénomènes physiques, de faire en sorte que la musique reflète ou véhicule ces éléments ou phénomènes. Ce qui suppose, précise Akosh, d’être prêt à sortir des catégories et des structures, des fonctionnements habituels (note / instrument / composition) « pour rester perméable à ce qui nous entoure ».

C’est pourquoi, si, à ce stade, l’instrumentation n’est pas arrêtée (et si l’invention, la réalisation d’instruments n’est pas exclue), elle se limitera aux instruments acoustiques, souvent traditionnels voire ancestraux, c’est-à-dire « naturels ».

 

Myriam Blœdé

Dates passées :

 

5 mars 2010

L’Espal

Le Mans (FR)

 

9-10 février 2010

Théâtre de l’Agora

Evry (FR)

 

2 février 2010

Théâtre des Salins

Martigues (FR)

 

30 janvier 2010

L’Opéra de Dijon

Dijon (FR)

 

12 janvier 2010

Centre culturel Le Rive Gauche

Saint Etienne de Rouvray (FR)

 

18-20 novembre 2009

Théâtre National

Bordeaux (FR)

 

20 octobre 2009

Moulin du Roc

Niort (FR)

 

20 juin 2009

CNCDC

Châteauvallon (FR)

 

11 juin 2009

Le Granit

Belfort (FR)

 

26-27 mai 2009

MC2

Grenoble (FR)

 

6 mai 2009

Le Manège

Maubeuge (FR)

 

29 avril 2009

L’Arsenal

Metz (FR)

 

9 avril 2009

La Filature

Mulhouse (FR)

 

3 avril 2009

Comédie de Valence

Valence (FR)

 

18-20 mars 2009

Opéra

Lille (FR)

 

26-27 février 2009

Théâtre de Cavaillon

Cavaillon (FR)

 

10-14 février 2009

Théâtre de la Ville

Paris (FR)

 

3-4 février 2009

Théâtre de Caen

Caen (FR)

 

21-23 janvier 2009

Le Toboggan

Décines (FR)

 

16-17 janvier 2009

Espace Malraux

Chambéry (FR)

 

13 janvier 2009

Cultuurcentrum

Bruges (BE)

 

9 décembre 2008

Maison de la culture

Bourges (FR)

 

20 novembre 2008

Comédie de Clermont-Ferrand

Clermont-Ferrand (FR)

 

13 novembre 2008

Maison de la culture

Nevers (FR)

 

4-5 novembre 2008

Festival Euro-Scene

Leipzig (DE)

 

21 octobre 2008

Théâtre de Warande

Turnhout (BE)

 

15 octobre 2008

Festival Bemus/ Yougoconcert

Belgrade (SER)

 

10-12 octobre 2008

Trafó

Budapest (HUN)

 

1-2 octobre 2008

Cultural Foundation Territory

Moscou (RU)

 

1-2 juillet 2008

Associazione Teatrale Emilia Romagna

Turin (IT)

 

29 avril 2008

L’Estive, Scène nationale

Foix (FR)

 

10-12 avril 2008

Théâtre de Garonne

Toulouse (FR)

 

4 avril 2008

Le Parvis

Tarbes (FR)

 

1er avril 2008

Théâtre de Dracénie

Draguignan (FR)

 

25-27 mars 2008

Scène nationale d’Orléans

Orléans (FR)